jeudi 12 avril 2007

Course folle

Ce matin là, Germinal, effrayé de se voir devenir forçat du clavier et de la binette réunis, ressentit le besoin vital de reprendre contact avec les courants bénéfiques issus de la terre mère.

Pour sa promenade au jardin, il renonça d'abord aux bottes qui enfermaient ses pieds :


Libérés de leur carcan, les pieds de Germinal se sentirent pousser des ailes :


Un peu plus loin, c'est le peignoir de Germinal qui s'envola... pour retomber dans les pâquerettes :


Le coeur léger, Germinal continua de courir nu dans l'herbe, jusqu'à ce qu'il tombe en arrêt devant le cerisier de la prairie :


Alors Germinal rendit grâces, prononçant ces paroles soufflées par le poète :

L'air était maternel, les racines croissaient...

mercredi 11 avril 2007

Teasing

Demain, Germinal court nu dans l'herbe !

Pour patienter, quelques innocentes fleurettes...


mardi 10 avril 2007

Petit matin

L'aube point dans la vallée... la brume légère déchire peu à peu ses voiles sur la cime des grands arbres... on n'entend pas un bruit... seuls les oiseaux chantent...
C'est un moment béni...


C'est alors que le jardinier tombe sous l'emprise d'une irrépressible pulsion : Biner ! Il faut biner !!
Tout de suite !!!


Les fortes pluies des semaines passées sont à présent suivies de plusieurs jours de grand soleil et de vent : une croûte dure s'est formée en surface...


Germinal sort ses griffes !

lundi 9 avril 2007

L'autre chemin

Après maints atermoiements, Germinal a fini par sacrifier au rituel de la première tonte... Mais elle était forte, cette année, la tentation de ne pas tondre... de rester sauvage, rien que pour embêter les maniaques, et par flemme aussi...


Alors, pour faire passer l'inévitable corvée, Germinal s'est amusé à faire des dessins dans la prairie :


Puis il s'est pris au jeu et, contournant îlots nouvellement plantés et touffes de cardamine des prés, il n'a pas fait les mêmes dessins que l'an dernier:


Bref, Germinal cherche sa voie...


dimanche 8 avril 2007

Le bonjour


En vérité, que faisions-nous donc, toi et moi,
Avant de nous aimer ? N'étions-nous pas sevrés,
Mais de plaisirs rustiques encore nourris au sein ?
Ou dans la grotte des Sept Dormants ronflions-nous ?

Sans doute : autre plaisir que ceci est fantasme,

Et si jamais je vis, désirai et conquis
Une beauté, ce ne fut qu'un rêve de toi.


Et maintenant bonjour à l'éveil de nos âmes

Qui ne s'observent pas l'une l'autre par crainte,

Car l'amour se soumet tout l'amour d'autre objet

Et d'une chambre étroite il fait un univers.

Que les navigateurs cherchent de nouveaux mondes,

Que les cartes du ciel en dévoilent à d'autres :
Jouissons d'un monde unique : chacun l'a, chacun l'est.


Ma face est dans tes yeux et dans mes yeux la tienne ;
Un coeur simple et fidèle au visage se montre :

Où pouvons-nous trouver deux meilleurs hémisphères

Sans la froidure du Nord, sans déclin d'Occident ?

Toute mort est l'effet d'un mélange inégal ;

Nos amours ne font qu'un et si nous nous aimons

Mêmement sans faiblir, nul donc ne peut mourir.


John Donne, Songs and Sonnets, 1633.



Joyeuses Pâques !

samedi 7 avril 2007

Par la fenêtre...

Mine de rien, Germinal travaille... un peu, beaucoup, passionnément...

... mais pour éviter que les choses ne dégénèrent, Germinal parfois regarde par la fenêtre du vieux lycée...


Mon Dieu, qu'il est beau ce parc... dire il n'y a que la rue à traverser...



Que disiez-vous, Mademoiselle, Le Roi Lear n'est pas très gentil avec Cordelia ?



Ne trouvez-vous pas, Mademoiselle, que ces pousses pourpres sur le fond du jeune feuillage des marronniers sont du plus bel effet ?



On l'aura compris, Germinal a beau avoir dix-sept ans et n'être pas sérieux, il a besoin de vacances...


[épisodes beaucoup plus physiques à venir : Germinal fauche et/ou Germinal tond...]

vendredi 6 avril 2007

Tes états d'âme, Eric

Germinal présente aujourd'hui un de ses voisins : le coq de chez Marie et Laurent, dont Monsieur B. est le plus grand fan.

Si l'on en croit le nom inscrit au fronton de la niche placée dans la volière, ce coq se nommerait Eric... mais rien n'est moins sûr !


Pour tout dire, ce coq n'est pas dans son assiette : il aurait aimé s'appeler Chantecler, comme tout coq qui se respecte : Eric, c'est un nom de chien (voir photo ci-dessus) !

De plus, Eric est depuis peu enfermé, car le voisinage s'affaire dans les potagers : Eric n'aime pas être confiné, ça lui rappelle l'alerte à la grippe aviaire... et puis, enfermé au milieu de toutes ces poules, ce coq tourne en bourrique (d'où l'expression Passer du coq à l'âne) :



Bref, Eric a des états d'âme. Le choeur des poules tente de lui redonner le moral en lui chantant une rengaine kitsch et moderne :

Le pacifique est trop noir
comme tes états d'âme Eric
de vague à l'âme en lame de fond
tu surfes entre ces récifs
mais le courant te ramène
vers le macadam Eric
de vague à l'âme en terrain vague
tu divagues
tes états sont des lassos
qui tournoient et s'entrelacent autour de moi
qui suis lasse des rodéos du Texas
OK corral c'est le KO KO moral...


jeudi 5 avril 2007

Tête de faune

Un poème pour dire, redire (?), que le jardin de Germinal est avant tout un jardin d'images et d'imagination...

Un "faune effaré" tapi dans la jungle des pervenches ouvre ses grand yeux d'or... pourquoi pas ?


Dans la feuillée écrin vert taché d'or

Dans la feuillée incertaine et fleurie
De fleurs splendides où le baiser dort,
Vif et crevant l'exquise broderie,


Un faune effaré montre ses deux yeux
Et mord les fleurs rouges des ses dents blanches
Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux
Sa lèvre éclate en rires sous les branches.


Et quand il a fui -- tel un écureuil --
Son rire tremble encore à chaque feuille
Et l'on voit épeuré par un bouvreuil
Le Baiser d'or du Bois, qui se recueille.


Arthur Rimbaud, 1871.


P.S. : Les amoureux de tulipes botaniques se rendront sur "l'esquellent" site consacré aux tulipes sauvages
que nous recommande l'inestimable LSM dans son commentaire du jour !

mardi 3 avril 2007

Tempus fugit

Germinal, entre deux tâches hautement pédagogiques, s'échappe au jardin, sous le prétexte épicurien d'y boire une tasse de thé vert au soleil d'avril, l'appareil photographique en bandoulière... et là, à peine posé sur son banc, qu'aperçoit le jardinier en mal de verdure ? Une fleur de Rosa rugosa 'Scabrosa' sur le point d'éclore ! Non !? Si !!! La preuve :


Scabrosa, enfin, est-ce bien raisonnable ? Vous connaissez le dicton : "En avril......"

... Mais je jardinier abandonne vite tout espoir de raisonner la pauvrette avec ses histoires de grand méchant gel qui va venir la manger toute crue si elle se déshabille trop vite... Scabrosa n'en fera qu'à sa tête....

Plus bas, la prairie a préparé une autre surprise pour Germinal. Il l'attend depuis des semaines : c'est le réveil du géant ! Monsieur Petasites japonicus 'Giganteus' himself sort de son sommeil hivernal et pointe le bout de son museau... le géant qui se déguise en Lilliputien.... le jardinier tombe en pamoison, non sans avoir appuyé sur le déclencheur au préalable, la preuve :



Entre le Petasites qui fait le mort (voir "Le Pétasite masqué" ) avant de jouer les Lazare, et Scabrosa qui se lance dans un effeuillage débridé, Germinal ne sait que faire....
... et la réponse vient, en direct de Saint Fiacre (cinq kilomètres par la départementale) :
Ne fais rien, Germinal, regarde, sois content, mais surtout, ne fais rien ! Laisse le temps passer...

Grand-mère Gruellemans


A l'ombre des feuilles,
les eaux lentes
se recueillent
dimanchement.


Mon coeur fleurissait
et je prosternais
mon âme
inquiète et calme.



Vers les noires
éminences
des coteaux sur
qui est l'azur



les nuages blancs,
malgré le beau temps
semblaient lourds
d'eau d'ouragan.



Nous sommes allés
dans les allées
creusées par les
ondées





Francis Jammes,
De l'Angelus de l'aube à l'Angelus du soir
, 1888-1897,
strophes extraites de "Dimanche des Rameaux..."

lundi 2 avril 2007

Hallali

Une prairie humide, c'est beau, c'est frais... mais sous la bucolique apparence se cache une réalité sans appel : la prairie est une jungle gorgée d'eau et de sève où des fauves féroces sont tapis en embuscade... prêts à réduire à néant les efforts du jardinier.

Le jardinier en milieu humide n'a pas le choix : il doit développer des instincts de chasseur.

Voici un fauve, un véritable pissenlit à poil dur, dans son milieu naturel :


Le jardinier, à l'affût dans les hautes herbes, sort son arme :


S'ensuit une lutte rapide et sans merci. Le fauve n'a aucune chance :




Sous son air bonasse, ce jardinier est un tueur ; les pissenlits à poil dur n'ont qu'à bien se tenir :




dimanche 1 avril 2007

Premier avril

Aujourd'hui 1er avril, Germinal ne fera pas de blague douteuse à ses visiteurs.

Au lieu de cela, il leur dévoile un secret... en avant première... sa plus belle obtention de l'année :



Non, ami visiteur, cette magnifique photographie n'est pas le gros plan exagéré d'un cornet de glace citron-cassis... ceci est un bouton de fleur, qui attend sagement que vienne l'été pour éclore !

Mais chuuut, c'est un secret !

Ceci dit, si les aimables visiteurs de Germinal ont des idées de noms de fleur...

samedi 31 mars 2007

Parenthèse

Une lourde semaine s'achève, il fait froid et humide... Germinal puise dans son stock d'images volées pendant ses "récréations" pour goûter le soleil dont le labeur l'a frustré cette semaine...



On ne dira jamais assez le pouvoir d'une fleur...



Germinal prend de la hauteur...



Respirez... soufflez....

vendredi 30 mars 2007

Nuitamment

Germinal lit et entend partout que le jardinier sachant jardiner doit à présent diviser. Diviser afin de multiplier ses plantes (vertige arithmétique...), diviser pour mieux régner sur son jardin...

Mais le jour, Germinal travaille...enfin il essaye... et les jours où Germinal ne travaille pas (?) il pleut... Germinal culpabilise...

Il ne reste à Germinal qu'une solution pour être un jardinier à la hauteur : diviser à la faveur de la nuit.



On voit ci-dessus trois pieds de Lobelia en instance de division.... et ci-dessous, un pied de Rudbeckia déjà brillamment divisé par trois ( 1 = 3 ! reprise du vertige arithmétique...).



Vive le jardinage moderne et efficace, hop la !

jeudi 29 mars 2007

Ruse de Sioux

Printemps précoce, copies délaissées... (dicton janvillois)


Une prise de conscience s'impose...


Six P.D.C. * en souffrance, c'en est trop ! Germinal prend le taureau par les cornes :


C'est le premier pas qui coûte... on y prendrait presque plaisir...



... d'autant plus que Germinal sait joindre l'agréable à l'utile !


* Paquets De Copies (NDLR)

mercredi 28 mars 2007

Feuilles d'herbe

Germinal, qui côtoie de nombreux jeunes gens, les entend souvent vanter les mérites de l'herbe... D'après ces jeunes jeunes gens, comparé à l'herbe, le purin d'ortie serait du "pipi de chat". Germinal, même s'il se réjouit de constater que la jeune génération a la fibre verte, ne comprend pas très bien ce que les jeunes gens veulent dire...

Mais Germinal veut rester moderne et dans le coup ; de plus, il est déjà las d'entendre les premiers vrombissements des tondeuses du voisinage en proie à la fièvre de ce printemps précoce...

Il a donc décidé de faire pousser de l'herbe... pour le moment, ce n'est pas spectaculaire, mais Germinal est patient...



I loafe and invite my soul,
I lean and loafe at my ease.... observing a spear of summer grass.

Walt Whitman, Leaves of Grass, 1855.

mardi 27 mars 2007

L'Homme rapaillé

Il arrive que Germinal manque de temps... voici donc les mots du Québécois Gaston Miron, dans un extrait de son poème "La Marche à l'amour", tiré du recueil L'Homme rapaillé, de 1970 (Poésie Gallimard 1999) :



... tu viendras tout ensoleillée d'existence
la bouche envahie par la fraîcheur des herbes
le corps mûri par les jardins oubliés
où tes seins sont devenus des envoûtements
tu te lèves, tu es l'aube dans mes bras
où tu changes comme les saisons
je te prendrai marcheur d'un pays d'haleine
à bout de misères et à bout de démesures
je veux te faire aimer la vie notre vie
t'aimer fou de racines à feuilles et grave
de jour en jour à travers nuits et gués
de moellons nos vertus silencieuses
je finirai bien par te rencontrer quelque part
bon dieu !
et contre tout ce qui me rend absent et douloureux
par le mince regard qui me reste au fond du froid
j'affirme ô mon amour que tu existes



Germinal aime arpenter sa prairie humide, il l'a déjà dit... il est content de ces deux photos prises hier après-midi pendant une trop brève récréation : ce qui lui plaît, c'est la façon dont le détail y est transformé en élément majeur du paysage... soudain la fleur rivalise avec l'arbre, et part à l'assaut des nuages, les merveilleux nuages...

lundi 26 mars 2007

Des journées entières dans les arbres

Germinal, qui a pris goût aux visions de plantes psychédéliques, a envie de commencer cette nouvelle semaine en rêvant encore.

Il rêve d'une lande battue par les vents, peuplée d'arbres magiques qui se parent de couleurs étonnantes, et son rêve se réalise...


Il rêve d'une grasse prairie où trônerait un arbre bleu Klein... l'arbre apparaît, en majesté : ce sont les vaches qui vont être contentes !


Explorateur de contrées hostiles, Germinal voit un arbre mort au beau milieu du désert renaître en buisson ardent...


Et c'est une nouvelle semaine qui commence...

Allez, aimables visiteurs, Germinal est d'humeur partageuse... Ces arbres colorés sont le fruit du travail d'une artiste britannique, Philippa Lawrence, qui donne une nouvelle vie à des arbres morts, au Pays de Galles et ailleurs, en les emmaillotant de bandes de coton de couleur. Vous pourrez en apprendre davantage sur ce projet en cliquant sur son nom ci-dessus !

Bonne semaine en couleur !