lundi 19 mars 2007

Small is beautiful

En musardant au jardin, Germinal se disait hier dimanche que le concept du "jardin de curé" était décidément une trouvaille drôlement futée...

En effet, même pendant le carême, le jardinier bon chrétien, tout comme son frère le jardinier chaman adorateur de totems, peut continuer de se régaler les yeux de spectacles délicieux, à commencer par celui qu'offre l'ineffable "bête à bon Dieu" faisant ses premiers pas dans les fleurettes fluo d'une grande euphorbe wulfenii 'Characias' :


En adoptant une posture encore plus humble -- c'est à dire plus proche de l'humus -- le jardinier peut, sans déroger à une stabilité toute monastique, se croire sous les tropiques, en plongée sur une barrière de corail, et tout cela par la magie des jeunes pousses de la toute petite Euphorbia cyparissias 'Clarisse Howard' :


Plus bas, dans la prairie humide, le décor change, mais c'est la même magie qui opère : la cardamine des prés, toute de fraîcheur virginale, commence à peine à se montrer... le jardinier en adoration retient son souffle...


En vérité Germinal vous le dit, n'ayez pas peur de vous mettre à genoux devant une fleur, même une toute petite fleur, la bête à bon Dieu vous le rendra !

dimanche 18 mars 2007

Cyber-copine

Germinal a une cyber-copine : son jardin à elle est loin, très loin de Janville et de la vallée de la Juine : c'est un jardin de montagne, niché sur un versant du Parc des Ballons des Vosges.

Germinal n'a vu sa cyber-copine qu'une fois, brièvement, à Courson, sur le stand du Jardin du Morvan ; depuis, ils échangent photos de plantes, d'oiseaux et de paysages. Enfin... les paysages et les oiseaux, c'est surtout le rayon de la cyber-copine de Germinal, les oiseaux en particulier... elle en connaît un sacré rayon :


Germinal se sent tout petit devant tant de science et d'amour de la nature !

Hier était un grand jour, chargé d'émotion vraie : Germinal a reçu un colis venu des Vosges lointaines, un colis rempli de petites plantes descendues des montagnes :

Germinal est un ignorant doublé d'un dilettante, il ne sait pas encore nommer les belles surprises offertes par son amie jardinière, enfin pas toutes... Mais il est particulièrement fier d'avoir pu planter dans son jardin quelques précieux bulbes de Galanthus nivalis 'flore pleno', autrement dit, un perce neige double et rare, ici encore sur son talus vosgien :


Germinal, après avoir récité les incantations d'usage devant ses totems, a souhaité "bonne naturalisation" au beau Galanthus, qui pour le moment est très discret dans sa livrée verte ("in the green" !) au pied d'une aubépine :


En plus, Germinal est fier comme un pou de connaître une jardinière qui connaît des jardiniers connus. La cyber-copine de Germinal, c'est l'amie des stars ! Il se dit qu'un peu de cette gloire retombe forcément sur ses humbles épaules...
Germinal a rencontré une fée des jardins :


samedi 17 mars 2007

Verbascum rebelle

Au printemps dernier, Germinal a profité d'une visite à sa tante d'Angleterre pour se rendre chez la papesse de l'horticulture britannique, la grande Beth Chatto. Après avoir visité les jardins, un passage à l'espace de vente s'imposait... c'est ainsi que le jardinier janvillois est revenu avec trois molènes, officiellement dénommées Verbascum chaixii 'Gainsborough'. Les lecteurs assidus de ce carnet auront vite deviné pourquoi, parmi des milliers de plantes, l'anglomane Germinal finit par choisir cette variété en particulier...

De retour à la maison, les trois bébés "bouillon blanc" de luxe furent plantés, en "pied de marmite", et le jardinier consciencieux veilla tout l'été à ne pas laisser les jeunes plants s'épuiser à monter en hauteur à peine installés, ceci afin que se forment de belles rosettes...


Deux des bébés Gainsborough se sont docilement laissés conduire... le troisième s'est constamment rebellé, et fait aujourd'hui figure de vilain petit canard. Ceci dit, il est à l'évidence plein de vie, et Germinal ne désespère pas de voir le vilain petit canard se révéler être un beau grand cygne... Patience... Wait and see, comme on dit dans l'Essex, chez Beth Chatto :


vendredi 16 mars 2007

Aha !

Dans les jardins anglais du dix-huitième siècle, on s'évertuait à reproduire l'illusion de nature. On jouait à se faire peur, en fabriquant des vraies-fausses grottes, des vraies-fausses ruines, dans l'esprit des romans "gothiques" d'Ann Radcliffe, Matthew Lewis, ou Horace Walpole *. L'autre grande préoccupation des paysagistes anglais de l'époque était de créer une perspective ; pour faire plus chic, ils appelaient ça une "vista". Et pour que la vue du domaine depuis la grande demeure ne fût point brisée par quelque vulgaire mur ou clôture, lesdits paysagistes inventèrent l'ingénieux "aha" (ou "ha-ha"), illustré ci-dessus. On voit ici le pauvre mouton empêché par le aha de pénétrer dans le jardin d'ornement. L'étymologie du mot prend néanmoins sa source dans une autre situation : imaginez le gentleman sur son coursier, en pleine chasse à courre au renard ; le rusé goupil file se réfugier sous les rosiers de Mylady, le fier coursier, pas idiot, pile net devant l'obstacle invisible que constitue le fossé, manquant de désarçonner son cavalier, lequel s'exclame : "Aha !".

Le nom de cet ingénieuse barrière invisible imite donc la réaction de surprise du pauvre humain confronté à l'inattendu...

Germinal en son jardin, il y a quelques années de cela, poussa pareille exclamation de surprise
alors que, le nez au vent, il se trouvait aux commandes de la vieille tondeuse auto-portée héritée de ses prédécesseurs... et qu'il passa dans sa prairie sur une souche à ras de sol : Aha ! (Exit la tondeuse auto-portée...)

Germinal s'est depuis acheté une très jolie faux ; qui ne fait pas de bruit, qui ne sent
pas mauvais ; qui lui permet de travailler au rythme de la nature...

Depuis, Germinal continue de s'exclamer : Aha ! Mais ces nouveaux "Aha !" n'expriment plus du dépit
: Germinal a changé de perspective, il ne rêve plus de tondeuses auto-portées !

Germinal lève les yeux au ciel, et contemple la ramure du grand platane : Aha !


Germinal baisse les yeux, passe de l'air à l'eau, et regarde la Juine au pied du platane ... Aha !


Germinal passe devant son tas de bois en équilibre instable, et aperçoit le soleil de l'après-midi qui passe entre les bûches... Aha... La belle vista que voilà !


Germinal a beaucoup de chance, son jardin lui réserve plein de bonnes surprises : Aha !



*Merci Alticola !
(voir son commentaire sur "La force du papillon")


jeudi 15 mars 2007

La force du papillon

Il y a peu, le jardinier en pleine crise mystique dissertait sur les objets de son culte terrien. Il dévoilait à la face du monde les Totems qui ornent son jardin...


Hier, c'était une chaude après-midi de fin d'hiver déguisée en début d'été... le jardinier faisait semblant de bêcher une extension de potager, quand son oeil fut accroché par un léger frémissement.


C'était un papillon, en arrêt sur une des pierres sacrées du jardin. Un papillon sur une pierre, fugace réunion de l'éphémère et de l'éternel... Le jardinier se sentit aussitôt pousser des ailes lyriques :

Joli papillon de rouille,
venu rendre visite à Germinal qui son front mouille.
Papillon, léger comme une plume
posée sur une enclume...

A ce stade du billet du jour, les aimables lectrices et lecteurs de ce carnet auront compris pourquoi Germinal aime tant citer les poèmes des autres...

Mais qu'importe ! Adorable petite bestiole, comme le jardinier t'est reconnaissant de l'avoir ainsi détourné de son labeur ! Après t'avoir contemplé, la bêche lui semblait légère, légère...


mercredi 14 mars 2007

Vous avez dit étrange ?

Aujourd'hui, Germinal offre à ses visiteurs un poème anglais et fantasque ; il l'a traduit avec amour pour saluer tous ses nouveaux amis :

Jardinier étrange

Au dessus des prairies
bordées par les osiers tranquilles, rêve la mare;
c'est là que, l'été, les moucherons s'affairent,
là, dans la somnolence bleue d'après midi,
qu'on entend clapoter l'eau dans les ombrages,
tandis qu'au loin patientent les fraîches frondaisons.

Un jeune homme habitait là,
son visage était vif et triste, plein d'imagination fantasque;
il répétait, tel qu'il l'entendait,
le discours allitératif de l'esprit des eaux,
passant la main dans ses cheveux pâles,
ravi, sans y penser.

C'est dans son jardin
inculte (l'ordre l'avait en horreur),
qu'un jour, pris d'un coup de folie hivernale
(un fléau qui lui faisait perdre sa prudence
à mesure qu'il gelait fort)
l'esprit des eaux vint ravir le jeune homme.

Keith Douglas, 1935.


J'aime cette vision d'un jardin comme espace mystérieux, où l'homme n'est que de passage... Voici le même, dans sa version d'origine... :


Strange Gardener

Over the meadows
framed in the quiet osiers, dreams the pond;
region of summer gnat-busyness
and, in the afternoon's blue drowsiness,
plops among the water shadows:
and the cool trees wait beyond.

A young man lived there
with a swift, sad face, and full of phantasy,
repeating, as he heard it,
the alliterative speech of the water spirit;
smoothing his pale hair
with automatic ecstasy.

This was his garden
uncultivated (order hated him);
whence, in a winter madness
(whose scourge drove him to recklessness
seeing the frost harden),
the water spirit translated him.

Keith Douglas, 1935.




Germinal, du fond de sa vallée, salue cordialement ses nouveaux visiteurs venus de toute la France, et même de l'étranger !

Travaillé par le printemps, le jardinier curieux fourmille d'idées qu'il brûle de partager avec vous... à très bientôt !

mardi 13 mars 2007

Développement durable

Le printemps est précoce, certaines plantes en profitent allègrement ! Voici le bout du nez d'un pied de Sedum matrona en décembre :


Voici les gros biceps du même, ou de son grand frère, ces jours-ci :


Généreuse matrone, qui sera la fierté du jardin d'automne (oui, Germinal aime les rimes internes, même au prix de faire changer le sedum de sexe !), généreuse matrone, disais-je, qui remplit déjà d'aise le coeur du jardinier ébahi ! Regardez-la qui profite que les alchémilles dorment encore pour leur voler la vedette et jouer à leur place à piéger la rosée...

Je ne me lasse pas du spectacle... Approchons-nous encore un peu plus près, juste avant de partir travailler :


lundi 12 mars 2007

La danse des sept voiles

Ce matin, le jardin s'était drapé dans un voile de brume, juste assez pour lui donner un petit air mystérieux.


Autant le brouillard occulte et inquiète, autant un voile de brume invite à découvrir ce qui n'est qu'à moitié caché. Ce matin, le jardin au fond de la vallée a fait la danse des sept voiles pour son jardinier... sans rien lui demander en retour.


Arrivé dans la prairie au bord de l'eau, le jardinier s'est rendu compte qu'il était fort peu couvert... et il lui a bien fallu remonter se mettre au chaud. Avant de repasser devant la colonie de narcisses au pied du noyer, il a vu une promesse de soleil qui déjà perçait au dessus des bois de Janville.


samedi 10 mars 2007

Urtica mon amour

Ce titre durassien pour introduire un court et tendre poème du gallois Edward Thomas consacré aux orties.

Elle est complexe, le relation que le jardinier entretient avec Dame Urtica... Si, bien sûr, je la boute hors des plates-bandes, j'aime la voir tapisser fièrement tout un talus en bordure de ma prairie... et c'est bien
volontiers que je lui accorde la domination des "marges" du jardin, pour reprendre la belle expression d'Alticola... j'admire les papillons dont elle est un des meilleurs garde-manger.

En ce moment,
chez moi, les orties ne sont pas encore hautes, mais la nouvelle pousse pointe déjà son nez, vigoureuse et fringante... L'été venu, il faudra bien être raisonnable et les faucher, deux fois, trois fois, pour faire du purin légal et rassurer les voisins...

Les marges de mon jardin "sauvage" en bord de rivière ont en effet quelque chose de suspect aux yeux du monde, peut-être parce qu'elle sont un espace de liberté, incontrôlable / incontrôlé... un endroit où le jardinier évidemment soupçonné de paresse et d'incurie affiche ses fréquentations douteuses...


Mais c'est oublier qu'il s'écrit souvent des choses fort intéressantes dans la marge : remarques, annotations personnelles, questions au texte officiel... Les orties, aux marges du jardin, sont en ce sens le rappel griffonné à la diable que le jardin n'est qu'une enclave tolérée dans l'espace naturel, un hôte de passage ; alors, le jardinier...

Mais n'oublions pas le poème annoncé !

Tall Nettles

Tall nettles cover up, as they have done
These many springs, the rusty harrow, the plough
Long worn out, and the roller made of stone :
Only the elm butt tops the nettles now.


This corner of the farmyard I like most :
As well as any bloom upon a flower
I like the dust on the nettles, never lost

Except to prove the sweetness of a shower.






Urtica, je t'aime -- moi non plus...

vendredi 9 mars 2007

Plaisirs simples

Le jardinier n'a rien d'intéressant à dire... il ne dira donc rien.
Il se contentera de vous inviter à profiter avec lui des narcisses naturalisés dans l'herbe, au pied du noyer à trois fûts...



Autre plaisir simple, chaque année renouvelé, que d'être surpris par l'irrésistible élan des jeunes pousses ! Ici, c'est Asperula taurina, en pleine démonstration de ses talents de couvre sol :



jeudi 8 mars 2007

Histoire sans paroles

L'arrivée d'une commande du Jardin du Morvan est toujours un moment très intense pour le jardinier, que les mots manquent à exprimer. Le billet de ce jour sera donc sans paroles, mais plein de jolies images :

Une fois son devoir accompli, le jardinier peine à dissimuler sa satisfaction :

mardi 6 mars 2007

Furieusement interactif et moderne

Germinal est fatigué par la rentrée, déjà las de prendre sa superbe auto pour aller travailler sous la pluie, alors qu'il serait si bien dans son jardin. Il a beau corriger ses copies à l'encre verte avec de la terre sous les ongles, l'appel de la glaise le tenaille, c'est plus fort que lui...

Mais assez d'autobiographie complaisante : le billet du jour sera furieusement moderne et interactif, c'est la moindre des choses que Germinal doive à ses aimables visiteurs !

Oui, cher Lupin acidophile, Germinal est légèrement euphorbophile : il chouchoute ses wulfenii, ses robbiae et ses amigdaloïdes, et va recevoir sous peu griffitii 'Dixter' et palustris, en provenance directe de l'irremplaçable Jardin du Morvan.

Puisqu'on parle du loup : Non, cher JDM, les minuscules violettes du JDG (Jardin de Germinal) ne sont pas odorantes, avec ou sans soleil, qu'il pleuve ou qu'il vente... mais ces délicieuses lilliputiennes lui donnent l'impression d'être un nouveau Gulliver, il adore !

Non, chère Mémie, vous n'êtes pas inculte, quelle idée ! La preuve, vous rendez visite à Germinal ! Quand au miel de sauge hormine... c'est à la grâce de Dieu : l'an dernier, la récolte de Laurent a été inexistante, ses abeilles ayant décidé d'émigrer en masse...


Merci, merci, merci, chère Anita, pour votre amicale présence.
Merci, chère Alticola Siberis, Monsieur B. a adoré votre vision de son Papa en héros de western spaghetti !


Enfin, et surtout, mille mercis à la Fée Verte, qui s'est penché sur le berceau de ce carnet de jardin dès sa naissance.




Merci à vous, foule immense, qui à
l'instar des plantules et bébés qui émaillent ce billet, donnez à Germinal l'envie et l'énergie de continuer sa quête...

lundi 5 mars 2007

Anahorish

Aujourd'hui on ne rit plus ; aujourd'hui, c'est la rentrée. Germinal travaille, alors il donne à entendre une autre voix :

Voici un poème que j'aime beaucoup, tiré du troisième recueil de l'Irlandais Seamus Heaney. Le titre est le nom du village d'Ulster où il allait à l'école. Le nom, d'abord traduit au premier vers, est contemplé, savouré, ruminé ; non seulement le toponyme gaélique devient objet du discours poétique à part entière, mais il devient
paysage.

Avec un peu de chance, en cliquant sur le titre ci-dessous, on entendra Heaney lui-même lire son poème...


Anahorish
My 'place of clear water',
the first hill in the world
where springs washed into
the shiny grass

and darkened cobbles
in the bed of the lane.
Anahorish, soft gradient
of consonant, vowel-meadow,

after-image of lamps
swung through the yards
of winter evenings.
With pails and barrows

those mound-dwellers
go waist-deep in mist
to break the light ice
at wells and dunghills.


dimanche 4 mars 2007

Le nez dans l'herbe

Moment d'émotion et de poésie ce matin à la fraîche, les minuscules fleurs violettes et blanches sont de retour ! Je suis sûr que la Fée Verte, la bonne marraine de ce carnet, saura les nommer :


Après ce charmant tête à tête, ou duo, voici la prima donna en solo, qui nous dévoile son coeur :



samedi 3 mars 2007

Daffodils

Ce matin, en descendant au bord de la Juine avec Monsieur B., nous avons vu que la colonie de jonquilles indigènes qui pousse chez Laurent et Marie restait fidèle au poste.



Germinal s'est aussitôt senti d'humeur wordsworthienne :


I wandered lonely as a cloud
That floats on high o'er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host, of golden daffodils;
Beside the lake, beneath the trees,
Fluttering and dancing in the breeze.

Continuous as the stars that shine
And twinkle on the milky way,
They stretched in never-ending line
Along the margin of a bay:
Ten thousand saw I at a glance,
Tossing their heads in sprightly dance.

The waves beside them danced; but they
Out-did the sparkling waves in glee:
A poet could not but be gay,
In such a jocund company:
I gazed---and gazed---but little thought
What wealth the show to me had brought:

For oft, when on my couch I lie
In vacant or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude;
And then my heart with pleasure fills,
And dances with the daffodils.

William Wordsworth
Monsieur B. n'est certes pas insensible au charme romantique des jonquilles, mais il reste convaincu que rien ne vaut une bonne vieille flaque bien boueuse !


vendredi 2 mars 2007

Indigènes

Après les euphorbes horticoles, place aux indigènes du jardin, celles qui poussent sans qu'on leur demande rien. Vérification faite dans l'Atlas de la flore sauvage du département de l'Essonne -- un très bel ouvrage dont je ne suis pas peu fier, et qui ne recense pas moins de treize euphorbes différentes rien que dans le département-- j'ai l'honneur de vous présenter Euphorbia lathyris L., alias Euphorbe épurge.

D'année en année, elle voyage beaucoup dans le jardin, mais toujours avec une prédilection pour les coins ombrés. Cette année, une colonie assez importante a élu domicile autour du composteur. En bord de Juine, j'en ai vu des monstrueuses : elles aiment manifestement l'humidité. Fort de ma récente science, je suis par ailleurs en mesure d'affirmer bien haut que c'est la seule euphorbe
de notre flore -- naturalisée et non indigène, soyons précis jusqu'au bout -- dont les feuilles sont opposées !



Elle était autrefois cultivée dans les jardins, étant censée posséder la vertu d'éloigner les taupes. La croyance semble tenace : une voisine m'en a réclamé des pieds l'autre jour, pour éloigner "ses" taupes. Vu le peu de cas que "mes" taupes ont l'air de faire de l'épurge dans mon jardin, je me permets d'entretenir quelque doute sur l'efficacité du procédé... Dernière, précision, linguistique celle-là, pour souligner la proximité du nom "épurge" avec le nom vernaculaire des l'euphorbes en anglais : spurge... fascinant, non ?

Un dernier petit mot, pour mentionner une plante beaucoup moins voyante, souvent ravalée au rang de simple mauvaise herbe : j'ai nommé Euphorbia peplus L., une vraie indigène, elle, autrement connue sous le nom d'Euphorbe des jardins. A y regarder de près, elle a tout d'une grande... en miniature : tige rouge, fleur fluo... Je la trouve émouvante, cette mini euphorbe. Elle a droit a une photo grand format !


jeudi 1 mars 2007

Pouponnière

Hier après-midi, entre deux violentes giboulées, le jardinier bon intendant a fait son office : les semis spontanés d'Euphorbia wulfenii 'Characias' ont été déménagés avec tous les égards dus à leur rang de jeunes pousses, et mis en pouponnière... euh, je veux dire en pépinière :


Mais voilà, c'est ce qui s'appelle reculer pour mieux sauter : je ne sais toujours pas quoi en faire... mes semis d'annuelles vont aussi avoir besoin de place... et puis, 'characias' est bien gentille, mais je lorgne aussi sur E. griffithii 'Dixter' et E. palustris, pour ne nommer que deux autres cousines euphorbes...