lundi 16 avril 2007

Bobo

Non mes amis, Germinal n'est pas bobo, il s'est fait bobo, la preuve :


Germinal écoutait les messages électoraux en prévision de dimanche prochain, et crac, le Laguiole a dérapé ! Heureusement, soeur consoude n'était pas loin, et a charitablement cédé une de ses feuilles pour favoriser la cicatrisation germinalesque...

Tant qu'il était au jardin, le jardinier mutilé est allé faire Ohanami, complétant ainsi le traitement par une douche de pétales de cerisier :


Ohanami...

Cliquez ICI pour en savoir plus.

dimanche 15 avril 2007

A méditer

Aujourd'hui, dimanche de "Quasi modo", Germinal offre une gravure du pré-raphaélite Edward Burne-Jones :


Quand Adam bêchait et Eve filait,
qui donc était le gentilhomme?


La sentence à méditer est attribuée à John Ball, un pasteur rebelle du 14ème siècle. La gravure servit de frontispice au livre de William Morris, The Dream of John Ball, 1886.

samedi 14 avril 2007

Botanique parabole

Au printemps dernier, l'homme qui jardine se promenait dans les bois. Alors qu'il cheminait, il rencontra Euphorbia amygdaloides, très belle, mais toute chétive, au bord du sentier :


Un peu plus haut, en route vers le plateau agricole, il rencontra d'autres petits groupes, serrés contre d'autres plantes, à l'ombre comme au soleil :


L'homme qui jardine décida alors d'accueillir l'Euphorbe des bois dans son jardin : il préleva soigneusement, en trois endroits différents, trois très petits sujets, avec un peu de leur terre, et les installa dans son jardin, dans un coin ombré proche des conditions de la forêt, mais dans un triangle de terre bien préparée. Puis l'homme qui jardine laissa ses nouvelles amies vivre leur vie.

Il fut heureux de voir combien elles étaient frugales en été, encore plus heureux de les voir prospérer de mois en mois, jusqu'à leur réveil ce printemps :


Aujourd'hui, les trois petites forestières ont formé une touffe dense et vigoureuse dont les tiges acajou et les pastilles fluo éclairent le coin sombre du jardin qui les a accueillies... et font la joie du jardinier !



Pour ceux d'entre ses visiteurs qui souhaiteraient marcher dans les pas du jardinier de la parabole, Germinal leur indique qu'il a repéré ce matin dans les bois de Janville un pauvre petit Sceau de Salomon esseulé (Polygonatum multiflorum) qui ne demanderait qu'à être choyé ; à votre bon coeur !


vendredi 13 avril 2007

Prima rosa

Germinal montrait il y a quelques jours le premier bouton de rose de son jardin (voir le billet "Tempus fugit")... eh bien, ce qui devait arriver est arrivé : ce premier petit intrépide s'est fait manger par la froidure matinale...


Mais ce matin est arrivée la consolation du jardinier : la première vraie rose, tout en haut du même rosier, arborée comme un étendard :


Toutes étamines dehors, Scabrosa fait la nique à Thérèse Bugnet et Roseraie de l'Haÿ, sans parler des botaniques encore tout timides :


Pour fêter l'événement, Germinal convoque Robert Frost, l'ermite du Vermont, au coeur tendre néanmoins, et dédie ce poème toutes ses lectrices :

The rose is a rose,
And always was a rose.
But the theory now goes
That the apple's a rose,
And the pear is, and so's
The plum, I suppose.
The dear only knows
What will next prove a rose.
You, of course, are a rose --
But were always a rose.


"The Rose Family"
, West-Running Brook, 1928.

jeudi 12 avril 2007

Course folle

Ce matin là, Germinal, effrayé de se voir devenir forçat du clavier et de la binette réunis, ressentit le besoin vital de reprendre contact avec les courants bénéfiques issus de la terre mère.

Pour sa promenade au jardin, il renonça d'abord aux bottes qui enfermaient ses pieds :


Libérés de leur carcan, les pieds de Germinal se sentirent pousser des ailes :


Un peu plus loin, c'est le peignoir de Germinal qui s'envola... pour retomber dans les pâquerettes :


Le coeur léger, Germinal continua de courir nu dans l'herbe, jusqu'à ce qu'il tombe en arrêt devant le cerisier de la prairie :


Alors Germinal rendit grâces, prononçant ces paroles soufflées par le poète :

L'air était maternel, les racines croissaient...

mercredi 11 avril 2007

Teasing

Demain, Germinal court nu dans l'herbe !

Pour patienter, quelques innocentes fleurettes...


mardi 10 avril 2007

Petit matin

L'aube point dans la vallée... la brume légère déchire peu à peu ses voiles sur la cime des grands arbres... on n'entend pas un bruit... seuls les oiseaux chantent...
C'est un moment béni...


C'est alors que le jardinier tombe sous l'emprise d'une irrépressible pulsion : Biner ! Il faut biner !!
Tout de suite !!!


Les fortes pluies des semaines passées sont à présent suivies de plusieurs jours de grand soleil et de vent : une croûte dure s'est formée en surface...


Germinal sort ses griffes !

lundi 9 avril 2007

L'autre chemin

Après maints atermoiements, Germinal a fini par sacrifier au rituel de la première tonte... Mais elle était forte, cette année, la tentation de ne pas tondre... de rester sauvage, rien que pour embêter les maniaques, et par flemme aussi...


Alors, pour faire passer l'inévitable corvée, Germinal s'est amusé à faire des dessins dans la prairie :


Puis il s'est pris au jeu et, contournant îlots nouvellement plantés et touffes de cardamine des prés, il n'a pas fait les mêmes dessins que l'an dernier:


Bref, Germinal cherche sa voie...


dimanche 8 avril 2007

Le bonjour


En vérité, que faisions-nous donc, toi et moi,
Avant de nous aimer ? N'étions-nous pas sevrés,
Mais de plaisirs rustiques encore nourris au sein ?
Ou dans la grotte des Sept Dormants ronflions-nous ?

Sans doute : autre plaisir que ceci est fantasme,

Et si jamais je vis, désirai et conquis
Une beauté, ce ne fut qu'un rêve de toi.


Et maintenant bonjour à l'éveil de nos âmes

Qui ne s'observent pas l'une l'autre par crainte,

Car l'amour se soumet tout l'amour d'autre objet

Et d'une chambre étroite il fait un univers.

Que les navigateurs cherchent de nouveaux mondes,

Que les cartes du ciel en dévoilent à d'autres :
Jouissons d'un monde unique : chacun l'a, chacun l'est.


Ma face est dans tes yeux et dans mes yeux la tienne ;
Un coeur simple et fidèle au visage se montre :

Où pouvons-nous trouver deux meilleurs hémisphères

Sans la froidure du Nord, sans déclin d'Occident ?

Toute mort est l'effet d'un mélange inégal ;

Nos amours ne font qu'un et si nous nous aimons

Mêmement sans faiblir, nul donc ne peut mourir.


John Donne, Songs and Sonnets, 1633.



Joyeuses Pâques !

samedi 7 avril 2007

Par la fenêtre...

Mine de rien, Germinal travaille... un peu, beaucoup, passionnément...

... mais pour éviter que les choses ne dégénèrent, Germinal parfois regarde par la fenêtre du vieux lycée...


Mon Dieu, qu'il est beau ce parc... dire il n'y a que la rue à traverser...



Que disiez-vous, Mademoiselle, Le Roi Lear n'est pas très gentil avec Cordelia ?



Ne trouvez-vous pas, Mademoiselle, que ces pousses pourpres sur le fond du jeune feuillage des marronniers sont du plus bel effet ?



On l'aura compris, Germinal a beau avoir dix-sept ans et n'être pas sérieux, il a besoin de vacances...


[épisodes beaucoup plus physiques à venir : Germinal fauche et/ou Germinal tond...]

vendredi 6 avril 2007

Tes états d'âme, Eric

Germinal présente aujourd'hui un de ses voisins : le coq de chez Marie et Laurent, dont Monsieur B. est le plus grand fan.

Si l'on en croit le nom inscrit au fronton de la niche placée dans la volière, ce coq se nommerait Eric... mais rien n'est moins sûr !


Pour tout dire, ce coq n'est pas dans son assiette : il aurait aimé s'appeler Chantecler, comme tout coq qui se respecte : Eric, c'est un nom de chien (voir photo ci-dessus) !

De plus, Eric est depuis peu enfermé, car le voisinage s'affaire dans les potagers : Eric n'aime pas être confiné, ça lui rappelle l'alerte à la grippe aviaire... et puis, enfermé au milieu de toutes ces poules, ce coq tourne en bourrique (d'où l'expression Passer du coq à l'âne) :



Bref, Eric a des états d'âme. Le choeur des poules tente de lui redonner le moral en lui chantant une rengaine kitsch et moderne :

Le pacifique est trop noir
comme tes états d'âme Eric
de vague à l'âme en lame de fond
tu surfes entre ces récifs
mais le courant te ramène
vers le macadam Eric
de vague à l'âme en terrain vague
tu divagues
tes états sont des lassos
qui tournoient et s'entrelacent autour de moi
qui suis lasse des rodéos du Texas
OK corral c'est le KO KO moral...


jeudi 5 avril 2007

Tête de faune

Un poème pour dire, redire (?), que le jardin de Germinal est avant tout un jardin d'images et d'imagination...

Un "faune effaré" tapi dans la jungle des pervenches ouvre ses grand yeux d'or... pourquoi pas ?


Dans la feuillée écrin vert taché d'or

Dans la feuillée incertaine et fleurie
De fleurs splendides où le baiser dort,
Vif et crevant l'exquise broderie,


Un faune effaré montre ses deux yeux
Et mord les fleurs rouges des ses dents blanches
Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux
Sa lèvre éclate en rires sous les branches.


Et quand il a fui -- tel un écureuil --
Son rire tremble encore à chaque feuille
Et l'on voit épeuré par un bouvreuil
Le Baiser d'or du Bois, qui se recueille.


Arthur Rimbaud, 1871.


P.S. : Les amoureux de tulipes botaniques se rendront sur "l'esquellent" site consacré aux tulipes sauvages
que nous recommande l'inestimable LSM dans son commentaire du jour !

mardi 3 avril 2007

Tempus fugit

Germinal, entre deux tâches hautement pédagogiques, s'échappe au jardin, sous le prétexte épicurien d'y boire une tasse de thé vert au soleil d'avril, l'appareil photographique en bandoulière... et là, à peine posé sur son banc, qu'aperçoit le jardinier en mal de verdure ? Une fleur de Rosa rugosa 'Scabrosa' sur le point d'éclore ! Non !? Si !!! La preuve :


Scabrosa, enfin, est-ce bien raisonnable ? Vous connaissez le dicton : "En avril......"

... Mais je jardinier abandonne vite tout espoir de raisonner la pauvrette avec ses histoires de grand méchant gel qui va venir la manger toute crue si elle se déshabille trop vite... Scabrosa n'en fera qu'à sa tête....

Plus bas, la prairie a préparé une autre surprise pour Germinal. Il l'attend depuis des semaines : c'est le réveil du géant ! Monsieur Petasites japonicus 'Giganteus' himself sort de son sommeil hivernal et pointe le bout de son museau... le géant qui se déguise en Lilliputien.... le jardinier tombe en pamoison, non sans avoir appuyé sur le déclencheur au préalable, la preuve :



Entre le Petasites qui fait le mort (voir "Le Pétasite masqué" ) avant de jouer les Lazare, et Scabrosa qui se lance dans un effeuillage débridé, Germinal ne sait que faire....
... et la réponse vient, en direct de Saint Fiacre (cinq kilomètres par la départementale) :
Ne fais rien, Germinal, regarde, sois content, mais surtout, ne fais rien ! Laisse le temps passer...

Grand-mère Gruellemans


A l'ombre des feuilles,
les eaux lentes
se recueillent
dimanchement.


Mon coeur fleurissait
et je prosternais
mon âme
inquiète et calme.



Vers les noires
éminences
des coteaux sur
qui est l'azur



les nuages blancs,
malgré le beau temps
semblaient lourds
d'eau d'ouragan.



Nous sommes allés
dans les allées
creusées par les
ondées





Francis Jammes,
De l'Angelus de l'aube à l'Angelus du soir
, 1888-1897,
strophes extraites de "Dimanche des Rameaux..."

lundi 2 avril 2007

Hallali

Une prairie humide, c'est beau, c'est frais... mais sous la bucolique apparence se cache une réalité sans appel : la prairie est une jungle gorgée d'eau et de sève où des fauves féroces sont tapis en embuscade... prêts à réduire à néant les efforts du jardinier.

Le jardinier en milieu humide n'a pas le choix : il doit développer des instincts de chasseur.

Voici un fauve, un véritable pissenlit à poil dur, dans son milieu naturel :


Le jardinier, à l'affût dans les hautes herbes, sort son arme :


S'ensuit une lutte rapide et sans merci. Le fauve n'a aucune chance :




Sous son air bonasse, ce jardinier est un tueur ; les pissenlits à poil dur n'ont qu'à bien se tenir :




dimanche 1 avril 2007

Premier avril

Aujourd'hui 1er avril, Germinal ne fera pas de blague douteuse à ses visiteurs.

Au lieu de cela, il leur dévoile un secret... en avant première... sa plus belle obtention de l'année :



Non, ami visiteur, cette magnifique photographie n'est pas le gros plan exagéré d'un cornet de glace citron-cassis... ceci est un bouton de fleur, qui attend sagement que vienne l'été pour éclore !

Mais chuuut, c'est un secret !

Ceci dit, si les aimables visiteurs de Germinal ont des idées de noms de fleur...